Définition de la violence

Quand on parle de violence dans le couple, on se situe d’emblée au-delà de la gifle accidentelle ou de la grosse dispute. La violence dans le couple se caractérise par un mode de comportement répétitif basé sur la contrainte auquel recourt un individu afin d’obtenir et de maintenir un pouvoir et un contrôle sur un partenaire intime1.
La violence touche tout le système familial (partenaires, enfants, proches).
Elle peut être économique, physique, psychologique, sexuelle ou verbale.

 

La notion de violence peut donc s’élargir comme suit2:

Violence économique: contrôle excessif des dépenses, empêcher l’autre de disposer d’un compte en banque, d’une carte de banque, de son argent personnel, empêcher l’autre de travailler,…

Violence verbale: crier, insulter, tenir des propos sexistes ou racistes,…

Violence physique: gifler, frapper, bousculer, secouer, donner des coups de pied, des coups de poing, renverser le mobilier, casser la vaisselle, priver de soins ou d’hygiène,…

S’en prendre à des personnes ou des objets ou des animaux importants aux yeux de l’autre: casser ou abîmer un objet précieux pour l’autre, blesser ou rejeter ou tuer l’animal de compagnie de l’autre, menacer ou s’en prendre aux enfants ou à un  proche pour faire peur à l’autre,…

Violence morale: surveiller, humilier en privé ou en public, rabaisser, critiquer l’autre de manière répétée et excessive, harceler par téléphone,…

Violence sexuelle: obliger l’autre à avoir des rapports sexuels non souhaités, ne pas tenir compte du désir de l’autre, obliger l’autre à avoir des pratiques sexuelles humiliantes,…

Menaces suicidaires et homicidaires: faire régner la peur ou l’insécurité en menaçant de se suicider ou de tuer quelqu’un, brandir un couteau ou un objet servant d’arme,…

 

Dans notre pratique, nous sommes confrontés à différents types de violences qu’on pourrait répartir comme suit:

Les violences liées à la frustration (débordements d’émotions peu ou pas identifiées), L’agresseur perd partiellement le contrôle de ses actes. Il peut être conscient et regretter sincèrement son comportement.

Les violences utilisées par l’agresseur pour obtenir quelque chose de la victime, celle-ci est alors instrumentalisée.

Les violences liées à des processus psychiques intérieurs de l’agresseur, sans lien logique avec la réalité.

Nous pouvons constater également que dans certains cas, la violence peut être un mode d’expression de chaque partenaire (violences symétriques). Dans d’autres cas, un partenaire peut être tout à fait soumis et instrumentalisé par l’autre (violences asymétriques).

Violence une nouvelle définition

Texte adopté le 8 février 2006 en conférence interministérielle (ministres fédéraux, communautaires et régionaux) dans le cadre du Plan d’Action National belge 2004-2007 contre les violences conjugales. Les associations spécialisées en matière de violences conjugales         – notamment notre Centre – ont participé à l’élaboration de cette définition.

« Les violences dans les relations intimes sont un ensemble des comportements, d’actes, d’attitudes de l’un des partenaires ou ex-partenaires qui visent à contrôler et dominer l’autre.

Elles comprennent les agressions, les menaces ou les contraintes verbales, physiques, sexuelles, économiques répétées ou amenées à se répéter portant atteinte à l’intégrité de l’autre et même à son integration socio-professionnelle.

Ces violences affectent non seulement la victime, mais également les autres membres de la famille, parmi lesquels les enfants. Elles constituent une forme de violence intrafamiliale.

Il apparaît que dans la grande majorité , les auteurs  de ces violences sont des hommes et les victimes des femmes. Les violences dans les relations intimes sont la manifestation, dans la sphère privée, des relations de pouvoir inégal entre les femmes et les hommes encore à l’oeuvre dans notre société. »


1 Pascale Franck et Paul Van Lint, La violence dans le couple

2 Définition selon l’asbl Praxis